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Arts & Culture

Qui était Vauban ?

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Vauban était issu d’une famille aux moyens très modestes qui appartenait à la petite noblesse.

Début de carrière

En 1651, il devient cadet dans le régiment de Louis II de Bourbon, prince de Condé, qui s’apprête à se rebeller contre le jeune Louis XIV.

Ingénieur du roi

Les talents de Vauban ont vite été révélés. Il se distingue en défendant des villes de l’Argonne et lors du siège et de la prise de Sainte-Menehould pour le prince Condé. En 1653, il est fait prisonnier par les forces gouvernementales. Honorablement traité, il est bientôt amené à changer de camp et à aider les royalistes à reprendre Sainte-Menehould. Lors d’un siège en 1654, il est blessé à deux reprises. En 1655, il est admis, comme « ingénieur ordinaire du roi », dans le corps d’officiers. Ce dernier qui se constitue progressivement, en dehors de la hiérarchie militaire régulière, pour des travaux spécialisés de fortification et de siège. Après avoir participé à des opérations contre diverses forteresses et villes entre 1655 et 1657, il est ingénieur en chef lors du siège de Gravelines en 1658.

Démolition des fortifications

Pendant l’intervalle de paix, de 1659 à 1667, Vauban est employé à la démolition des fortifications de Nancy, en Lorraine ducale, de 1661 à 1662 et à la fortification d’Alt-Breisach, un avant-poste français sur la rive droite du Rhin, de 1664 à 1666. En 1663, il reçoit une compagnie du régiment de Picardie du Roi. Ses services dans la prise de Tournai, Douai et Lille lors de l’invasion française des Pays-Bas espagnols en 1667 sont récompensés par une pension. Il devint une lieutenance dans la garde royale et le poste de gouverneur de la citadelle de Lille.

Commissaire général des fortifications

Parmi les responsabilités croissantes de Vauban, il y a celle de « commissaire général des fortifications » – bien que ce titre soit resté au titulaire nominal de la fonction jusqu’en 1677. Il voyageait constamment. Et il entretenait une immense correspondance avec le roi et avec le ministre de la guerre, le marquis de Louvois. Les mémoires techniques de Vauban ont fait de ses systèmes de fortifications le centre des études militaires en Europe pendant plus d’un siècle. Pendant la période de paix, de 1668 à 1672, il inspecte les défenses du Roussillon, des Pays-Bas, de la Picardie et de la Lorraine. Mais il est également envoyé au Piémont (1671) pour conseiller le duc de Savoie sur les défenses de Verrue, Vercelli et Turin. Des conseils que la France regrettera plus tard.

Innovations dans l’artisanat de siège

La guerre hollandaise

La guerre hollandaise de 1672-79 a apporté une gloire éclatante à Vauban en raison de la présence du roi, en tant que commandant suprême, aux sièges qu’il dirigeait. Lors du siège de Maastricht, il utilisa un système complet de « parallèles » – c’est-à-dire des tranchées creusées parallèlement ou concentriquement au périmètre des défenses et reliées par des tranchées radicales en zigzag qui rendaient l’approche relativement sûre des tirs d’artillerie des défenseurs. Pour son succès à Maastricht, il fut promu et reçut une subvention qui lui permit d’acheter le château de Bazoches (près du siège de sa famille, Vauban), et d’autres succès lui valurent le rang de maréchal de camp (équivalent au brigadier général) en 1676. Lors du siège de Valenciennes, en 1677, il persuade le roi, contre l’avis de Louvois et de cinq maréchaux, d’autoriser un assaut de jour, en partie parce que l’assaut classique dans l’obscurité a souvent pour conséquence que les assaillants se tirent dessus par erreur. Pour la prise de Valenciennes, il reçut une autre subvention.

La forteresse de Strasbourg et Vauban

En 1680-81, Vauban entreprend un autre grand tour des frontières françaises, inspectant ou améliorant les fortifications. Pour Strasbourg, il conçoit une splendide forteresse du type le plus avancé. Après avoir dirigé le siège de Luxembourg en 1684, il a également redessiné les défenses de cette ville. Son projet de fortification de Landau en Bavière est parfois considéré comme son plus grand travail. Il ne savait pas que plus tard, une barrière de protection de chantier porterait son nom : la barrière Vauban.

La guerre de la Grande Alliance

En septembre 1688, au début de la guerre de la Grande Alliance, dans laquelle Louis se heurte aux forces combinées des Pays-Bas, de l’Angleterre, du Saint-Empire romain et de leurs petits alliés, Vauban est promu lieutenant général ; et en octobre, sous le commandement du dauphin Louis, il prend Philippsburg, sur la rive droite du Rhin au sud de Spire. Lors de ce siège, il introduisit le tir à ricochet, par lequel un boulet de canon devait rebondir sur les parapets et atteindre plusieurs objectifs avant que sa force ne soit dépensée.

La baïonnette à douille

En même temps, il préconisait l’utilisation de la baïonnette à douille, une autre de ses inventions. Cette baïonnette était glissée sur le canon dans une douille et n’avait pas besoin d’être retirée avant le tir du mousquet. Il prit Mons en 1691 et Namur, rapidement et avec peu de pertes, en 1692. Au siège de Charleroi, en 1693, il est pour la première fois à la tête d’une division d’infanterie. Dévoyé à Brest en 1694 pour se prémunir contre une menace anglaise sur la Bretagne, il retourne aux Pays-Bas pour la défense de Namur en 1695 mais ne peut sauver la ville. En 1697, il participe au siège et à la prise d’Ath et est à nouveau blessé.

Les défenses de Neuf-Brisach

Pendant la paix de 1698-1701, Vauban reconstruit les défenses de Neuf-Brisach en Alsace, la dernière des 160 forteresses sur lesquelles il travaille. À cette époque, sa santé était défaillante, mais il voulait toujours un emploi actif dans la guerre de Succession d’Espagne (1701-14). Dans une lettre de 1702 adressée au roi, il demande la création d’un poste de maréchal de France afin d’éviter l’embarras de devoir servir sous les ordres de maréchaux subalternes à lui-même. Louis XIV, sachant (comme toute l’Europe) que nombre des victoires de la France étaient dues bien plus à son mécénat avisé du mesquin Vauban qu’aux performances de nobles supérieurs dont la seule naissance avait accéléré leur nomination comme maréchal, créa Vauban maréchal de France en janvier 1703.

L’ingénierie

Cependant, Vauban n’avait jamais commandé une armée sur le terrain – comme il était d’usage pour les maréchaux de France. Il n’était réellement capable que de « l’ingénierie ». Ce qui était considéré comme indigne d’un maréchal. Après avoir dirigé les opérations pour la reprise d’Alt-Breisach, il est rappelé du service. En 1705 et de nouveau en 1706, il proposa d’aider un général incompétent dans le siège de Turin, dont il avait lui-même planifié la fortification. Mais l’offre fut rejetée. La dernière commission effective de Vauban fut d’organiser un camp retranché à Dunkerque.

En 2008, de nombreuses fortifications construites par Vauban en France – notamment des murs, des tours et des forts de montagne – ont été classées collectivement au patrimoine mondial de l’UNESCO.